Une analyse d’Oceana Canada révèle que les navires ignorent la zone de ralentissement volontaire conçue pour protéger les baleines noires menacées | Oceana Canada

Une analyse d’Oceana Canada révèle que les navires ignorent la zone de ralentissement volontaire conçue pour protéger les baleines noires menacées



2020-06-11

Transport Canada doit mettre en œuvre un ralentissement obligatoire dans le détroit de Cabot 

OTTAWA — Oceana Canada publie aujourd’hui les résultats d’une semaine d’analyse continue sur la vitesse des navires parcourant la zone de ralentissement volontaire dans le détroit de Cabot, un passage essentiel pour les baleines noires de l’Atlantique Nord, une espèce menacée, alors qu’elles migrent vers le golfe du Saint-Laurent à la recherche de nourriture. En utilisant les données de Global Fishing Watch, Oceana Canada a révélé qu’entre le 19 et le 25 mai 2020, la grande majorité des navires, soit 72 %, n’a pas respecté le ralentissement volontaire à 10 nœuds ; ce qui démontre que des limites de vitesse obligatoires sont nécessaires pour ralentir les navires. La vitesse la plus élevée observée, soit 21,1 nœuds, était celle d’un cargo canadien.

Les baleines noires de l’Atlantique Nord sont parmi les espèces de baleines les plus menacées, alors qu’il ne reste qu’environ 400 individus. Des études ont démontré que de ralentir la vitesse des navires à 10 nœuds ou moins dans les secteurs où les baleines peuvent être présentes permet de réduire la létalité des collisions à 86 %.  

Transport Canada utilise plusieurs mesures pour protéger les baleines contre les collisions avec les navires, incluant l’implantation de zones de ralentissement obligatoires, certaines pendant toute la saison et d’autres temporaires. En février, Transport Canada a annoncé une limite de vitesse volontaire à 10 nœuds dans le détroit de Cabot pour les navires de 13 mètres et plus, en vigueur du 28 avril au 15 juin puis du 1er octobre au 15 novembre. La principale voie d’entrée pour les baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent est le détroit de Cabot. Cette année, les baleines noires ont été aperçues pour la première fois dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent le 3 mai dernier.  

Oceana Canada a fait part à Transport Canada de ce niveau exceptionnellement élevé de non-conformité aux mesures volontaires par le biais de rapports, en demandant que les mesures soient rendues obligatoires.  

« Dans un secteur où la vitesse représente souvent un avantage concurrentiel, nous craignons qu’un ralentissement volontaire ne dissuade les exploitants de navires de respecter la limite de vitesse et ne confère un avantage injuste à ceux qui ne la respectent pas - certains d’entre eux naviguent à près du double de la vitesse recommandée », a déclaré Kim Elmslie, Directrice de campagne chez Oceana Canada. « Le niveau élevé de non-conformité et l’absence de conséquences constituent une menace réelle pour les baleines noires individuelles et la survie de l’espèce dans son ensemble. » 

Des études ont également démontré que les femelles gestantes et les mères avec leurs veaux sont plus susceptibles de subir des collisions avec les navires, car elles passent plus de temps à la surface. Un nouveau-né a déjà été heurté en eaux américaines cet hiver et est présumé mort. Au moins 10 baleines noires ont été tuées l’an dernier, contre à peine sept naissances durant l’hiver. Par ailleurs, 22 baleines sont mortes en eaux canadiennes entre 2017 et 2019.  

« Nous devons tout faire en notre pouvoir afin de protéger toutes les baleines noires et prévenir l’extinction de cette espèce, » affirme Mme Elmslie. « Les navires ne respectent pas la limite volontaire de vitesse dans le détroit de Cabot, c’est pourquoi cette mesure doit être rendue obligatoire avant qu’il ne soit trop tard. Chaque mort rapproche l’espèce de son extinction. »

L’analyse d’Oceana Canada a été effectuée à l’aide de données provenant de Global Fishing Watch, un outil développé par Oceana en partenariat avec Google and Skytruth qui utilise l’apprentissage automatique pour interpréter les données issues du suivi des navires, comme le Système d’identification automatique (AIS), afin de surveiller la vitesse et la position des navires dans les zones de conservation des baleines noires de l’Atlantique Nord. Cette plateforme de cartographie constitue un outil puissant pour la conservation des océans ; un projet soutenu généreusement par le gouvernement du Canada.    

En juillet 2020, Oceana Canada publiera un rapport exhaustif sur la vitesse des navires dans le détroit de Cabot pendant la première période de ralentissement volontaire. L’an dernier, Oceana a lancé une campagne conjointe au Canada et aux États-Unis visant à réduire les risques pour les baleines noires de l’Atlantique Nord. Vous pouvez lire le rapport ici : Les 400 dernières : stratégies pour sauver les baleines noires de l’Atlantique Nord au Canada.  

Pour plus d’informations sur l’analyse effectuée et pour en savoir plus, visitez : https://oceana.ca/fr/cabot-strait.

Contacts: Lamia Charlebois, Consultante en relations publiques, 514-581-5831,
rp@lamiacharlebois.com, et Kathleen Munro, Pilot PRM, kathleen.munro@pilotpmr.com, 902-789-3165

Établie en 2015, Oceana Canada est une organisation caritative indépendante qui fait partie de la plus grande organisation internationale vouée exclusivement à la conservation des océans. Les efforts de sensibilisation d’Oceana Canada ont notamment contribué à mettre fin au commerce des nageoires de requins, faire du rétablissement des populations de poissons épuisées une obligation légale, améliorer la façon dont les pêches sont gérées, et protéger les habitats marins. Nous travaillons avec la société civile, les universitaires, les pêcheurs, les populations autochtones et le gouvernement fédéral afin d’aider les océans canadiens à retrouver leur santé et leur abondance d’autrefois. En assurant la restauration des océans canadiens, nous fortifierons nos communautés, profiterons de plus grands avantages sur les plans économique et alimentaire, et protégerons notre avenir.