Le rétablissement de la pêche à la morue du Nord pourrait générer 16 fois plus d’emplois et une valeur économique cinq fois plus grande | Oceana Canada

Le rétablissement de la pêche à la morue du Nord pourrait générer 16 fois plus d’emplois et une valeur économique cinq fois plus grande



2019-05-23

Une étude portant sur l’économie de la pêche, commandée par Oceana Canada, révèle que le rétablissement de la pêche à la morue du Nord pourrait générer 16 fois plus d’emplois et une valeur nette jusqu’à cinq fois plus élevée qu’aujourd’hui. En assurant une faible pression de pêche et des conditions environnementales favorables, le stock de morue pourrait être rétabli en 11 ans à peine, soutenant une activité économique évaluée à 233 millions en dollars d’aujourd’hui. 

À l’aube d’une annonce de Pêches et Océans Canada à propos des quotas de morue, ces constatations, détaillées dans le rapport Un océan de possibilités : les avantages économiques à rétablir la morue du Nord, soulignent l’importance d’établir des quotas de pêche selon les données scientifiques et révèlent les conséquences à long terme d’un rétablissement retardé. L’activité économique générée par cette pêche, actuellement évaluée à 36 millions et employant environ 1600 personnes, pourrait augmenter une fois le stock rétabli jusqu’à un potentiel de 233 millions en dollars d’aujourd’hui et 26 000 emplois. 

« Le rétablissement de la morue du Nord jusqu’à un niveau sain présente un potentiel considérable pour une pêche lucrative et durable, » affirme Josh Laughren, Directeur exécutif chez Oceana Canada. « Nous devons modifier notre approche et gérer le stock de façon à le rétablir ; faute de quoi, il risque de rester en état critique, et de continuer à fournir une fraction de sa valeur potentielle à nos communautés, aujourd’hui comme à l’avenir. »   

La morue du Nord a fait l’objet d’une pêche massive qui stimulait l’économie et alimentait des millions de personnes, jusqu’à son effondrement au début des années 1990. Aujourd’hui, sa biomasse se situe à la moitié du niveau requis pour sortir le stock de la zone critique, soit la zone où le stock est le plus gravement affecté ; c’est pourquoi une approche de conservation est cruciale.   

La politique de Pêches et Océans Canada précise que lorsqu’un stock se trouve dans la zone critique, la mortalité par pêche devrait être maintenue au plus bas niveau possible. Malgré cette politique, et malgré que la morue du Nord fait toujours l’objet d’un moratoire, la pêche commerciale a capturé plus de 9 000 tonnes de morue l’an dernier ; et une quantité inconnue est capturée par pêche récréative.  

« Cela fait des décennies que le gouvernement fédéral ne respecte pas ses propres politiques, ni les recommandations scientifiques pour l’établissement de quotas ; il n’a toujours pas implanté de plan de rétablissement pour la morue du Nord, » explique Dr Robert Rangeley, Directeur des sciences chez Oceana Canada. « Cette étude démontre que le potentiel à long terme dépasse de loin le rendement limité que nous obtenons en ce moment. C’est pourquoi nous demandons à Pêches et Océans Canada d’établir un quota qui favorisera le rétablissement de la population à un niveau sain et suffisant pour supporter une prise élevée sans diminution de la population à long terme. » 

Dr Rangeley ajoute que malgré l’annonce, plus tôt cette année, qu’une légère augmentation de la biomasse de la morue du Nord avait été constatée, il est encore trop tôt et le rétablissement de la population est encore trop fragile pour supporter une pression accrue par la pêche.  
« Cette légère augmentation a amené certains membres de l’industrie à réclamer des augmentations de quotas, » explique le Dr Rangeley. « Pourtant, l’histoire nous démontre qu’augmenter prématurément la pêche, avant que le stock ne soit prêt, retarde son rétablissement et peut gâcher son potentiel économique. L’objectif du rétablissement est de ramener le stock à un niveau sain, avec plus de poisson et plus d’avantages à long terme pour tous. »   

Le gouvernement doit agir de toute urgence et intensifier ses efforts de rétablissement des pêches canadiennes. La perte d’abondance du poisson menace notre bien-être socio-économique tout comme la santé de nos océans. Au Canada, à peine 34 pour cent des populations de poissons sont en santé ; plus de 13 pour cent, incluant la morue du Nord, sont gravement épuisés. Parmi les 26 stocks gravement épuisés, seuls cinq stocks ont des plans de reconstitution établis. Parallèlement, la majeure partie de notre marché d’exportation de fruits de mer, évaluée à 6,9 milliards de dollars, est fortement concentrée sur un tout petit nombre d’espèces. Les espèces de homard, de crabe et de crevette composent à elles seules 58 pour cent de cette valeur. Alors que le Canada était le septième plus grand producteur de poisson sauvage (selon le poids) en 1950, nous nous situons maintenant au 21e rang.  

Pour lire le rapport Un océan de possibilités : les avantages économiques à rétablir la morue du Nord, rendez-vous au ici.

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À propos de l’étude Economic and Social Benefits of Fisheries Rebuilding 

Afin d’évaluer le plein potentiel d’abondance des pêches canadiennes, Oceana Canada a commandé une étude auprès des plus grands économistes des pêches, visant l’analyse des coûts et des avantages socio-économiques associés au rétablissement des pêches. Cette étude a examiné le rétablissement de la pêche selon différents échéanciers. Trois scénarios ont été analysés en fonction d’un rétablissement lent, selon les attentes ou rapide (si les conditions environnementales sont favorables ou non), combinés à une faible pêche ou sa fermeture complète. 

Ce rapport a été rédigé par Dr Louise Teh, Associée de recherche, Fisheries Economics Research Unit, Université de Colombie-Britannique ; et Dr. Rashid Sumaila, Professeur, Institute for the Oceans and Fisheries and the School of Public Policy and Global Affairs, Université de Colombie-Britannique. 

Pour lire le rapport (disponible en anglais),  rendez-vous au ici.

À propos d’Oceana Canada

Oceana Canada est une organisation caritative indépendante qui fait partie de la plus grande organisation internationale vouée exclusivement à la conservation des océans. Oceana Canada croit fermement que nous avons l’obligation envers notre pays, et le monde entier, de nous assurer que nos ressources naturelles sont gérées de façon responsable afin de fournir une source de protéines alimentaires pour une population mondiale en pleine croissance. Oceana Canada travaille en collaboration avec la société civile, les institutions académiques, les pêcheurs, les populations autochtones et le gouvernement afin d’aider les océans canadiens à retrouver leur santé et leur richesse d’autrefois. En assurant la restauration des océans canadiens, nous pourrons fortifier nos communautés, profiter de plus grands avantages sur les plans économique et alimentaire, et protéger notre avenir.  

Pour plus d’informations, veuillez contacter : 

Kathleen Munro, Consultante, Pilot PMR au 416.462.0199 x250 ou 902.789.3165, kathleen.munro@pilotpmr.com
Kara-Ann Miel, Conseillère en communications, Oceana Canada, 647.535.2360, kmiel@oceana.ca